Nouvelle réglementation sur les plantes exotiques envahissantes

Ce qu’il faut savoir

Depuis le 4 juin 2026, une nouvelle réglementation concernant les plantes exotiques envahissantes est entrée en vigueur. Émise par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, cette mesure a pour objectif principal d’interdire la culture et la vente de 31 espèces floristiques exotiques et envahissantes jugées particulièrement dommageables à la biodiversité de nos écosystèmes.

S’attaquer à la racine du problème

Cette nouvelle mesure gouvernementale vise explicitement à mieux protéger la biodiversité du Québec en limitant l’introduction et la propagation de plantes reconnues pour leurs impacts sur les milieux naturels. Les plantes exotiques envahissantes sont d’excellentes compétitrices à nos plantes indigènes, puisqu’elles s’adaptent facilement à nos climats, se reproduisent rapidement et croissent de manière agressive. Elles peuvent aussi être vecteur de maladie ou dangereuses pour la santé : pensons à l’épine-vinette du Japon qui abrite les tiques à pattes noires responsables de la propagation de la maladie de Lyme ou à la sève de la berce du Caucase qui provoque des brûlures cutanées. Les plantes exotiques envahissantes sont également rarement dans les pôles positions des plantes dont raffolent les herbivores.

Égopode podagraire (panaché), une des 31 espèces ciblées par la réglementation, souvent présente dans les aménagements de nos maisons.

Concrètement, le règlement interdit la vente ainsi que la culture à des fins de multiplication de 31 espèces de plantes exotiques envahissantes jugées particulièrement à risque pour l’environnement et l’économie du Québec. Cette mesure préventive aidera notamment les citoyennes et citoyens, les jardineries et le secteur horticole à faire des choix plus responsables dans leurs aménagements paysagers. Certaines espèces, parmi les plus commercialisées, bénéficieront toutefois d’un délai d’application supplémentaire pour la vente (jusqu’au 4 juin 2027), afin de faciliter l’adaptation du milieu.

Reconnaître les PEE réglementées

Quelles sont ces espèces réglementées ? Douze des 31 espèces sont des plantes aquatiques ou de milieux humides et dix-neuf sont terrestres. Du nombre, nous retrouvons des espèces ciblées dans le plan de gestion et de contrôle des plantes exotiques envahissantes de la Fondation du Mont-Saint-Bruno pour la colline, nommément :

  • l’alliaire officinale ;
  • le dompte-venin de Russie ;
  • l’épine-vinette du Japon ;
  • le nerprun bourdaine ;
  • le nerprun cathartique ;
  • la renouée du Japon ;
  • et le roseau commun (phragmite).

Pour faciliter l’identification de ces espèces floristiques visées par la réglementation, le ministère a diffusé une fiche résumée et illustrée disponible en ligne. La FMSB vous invite à la consulter et à vérifier si celles-ci se retrouvent dans vos cours. Certaines de ces espèces sont très populaires dans les aménagements paysagers de nos résidences, comme l’égopode podagraire, aussi appelé l’herbe aux goutteux, notamment pour sa capacité à couvrir rapidement le sol. Cette plante a néanmoins la qualité de son défaut, puisque la propagation rapide et vaste de ses rhizomes et du plant hors terre étouffe les autres espèces à proximité.

Quelques conseils

En phase avec cette nouvelle réglementation, la FMSB vous encourage à :

Éviter de planter l’une des 31 espèces floristiques envahissantes ciblées dans vos aménagements ;
Contrôler celles qui s’y trouvent déjà en prenant le temps de vous informer auprès de votre municipalité, de votre jardinerie préférée ou d’organismes de conservation de votre région, des manières responsables de vous départir des résidus ;
Remplacer les plantes exotiques envahissantes par des plantes indigènes dans vos aménagements. Une fois de plus plusieurs outils sont à votre disposition pour faire un choix éclairé, comme par exemple, ces ressources offertes par Espace pour la vie.

En choisissant des espèces non envahissantes et mieux adaptées à nos écosystèmes, nous pouvons tous contribuer à protéger la nature, un jardin à la fois.