Redécouvrir sa cour arrière : une façon d’agir pour la biodiversité
Et soulignons le Jour de la Terre

« De cette forêt qu’il côtoie depuis toujours, que sait-il ?
De la forêt il connaît le bois derrière, chacune des espèces qui s’y trouvent. »
Souligné les 22 avril et devenu aujourd’hui l’un des plus importants mouvements environnementaux participatifs, le Jour de la Terre invite les citoyen·es, la société civile et les gouvernements de proximité à contribuer à la préservation de notre planète par une pléthore de moyens : corvées de nettoyage dans nos quartiers, organisation de formation sur le vermicompostage, expédition extérieure en pédibus avec les élèves, création d’art éphémère avec les feuilles mortes de la cour… Tous les moyens sont bons pour se (re)connecter au vivant ou simplement pour apprendre à mieux le connaître.
Le Jour de la Terre nous rappelle effectivement deux choses trop souvent négligées :
- En tant que partie intégrante de nos systèmes naturels, nos habitudes et actions ont des impacts concrets – qu’ils soient positifs ou non – sur ceux-ci ;
- La protection de nos écosystèmes commence tout près de nous.
Avant de regarder « ailleurs », on peut poser un regard neuf sur ce qui pousse, bourdonne et fleurit dans notre propre cour arrière — balcon, jardin, ruelle verte ou boisé de quartier —, puis s’interroger sur les liens qu’entretiennent ces milieux avec des écosystèmes plus vastes, comme le mont Saint-Bruno et ses pourtours.
Se donner le temps d’observer
Pour apprendre à connaître, il faut d’abord se donner le temps d’observer. Nos cours arrière, les boisés ou parcs adjacents à nos quartiers regorgent de vie végétale et animale. Calepins ou appareils photo à la main, nous pouvons noter où les plantes poussent, à quoi elles ressemblent, comment elles se développent. Fleurissent-elles ? Se propagent-elles rapidement ? Est-ce que les insectes apprécient leur fleur ou leur feuillage ?
Ces moments d’observation mènent souvent à une forme de réenchantement pour la nature. Repérer un trille des bois ou encore un arisème petit-prêcheur dans le sous-bois, derrière chez soi, provoque émerveillement et curiosité pour la délicatesse et les couleurs de leur pétale ou encore pour les motifs nervurés de leur tige. Voir se déployer les premiers bourgeons de l’argousier ou de l’amélanchier près de notre terrasse nous fait saliver à l’avance à l’idée de profiter de quelques baies gorgées de soleil au cœur de la saison estivale.
Se donner le temps d’identifier
Par ces observations, nous apprenons ainsi à identifier les espèces. Alors que nous en connaissons déjà plusieurs, les noms de certaines autres nous échapperont. C’est le moment désigné pour mettre la main sur quelques livres de référence (à la bibliothèque municipale, par exemple), pour naviguer sur des sites d’organismes de conservation comme celui de la Fondation, ou encore, pour faire appel à des guides locaux ou aux services de nos municipalités et de nos communautés et parfaire nos connaissances et constituer un portrait de ce qui pousse derrière chez soi.
Bien connaître sa cour arrière, c’est aussi apprendre à distinguer les espèces indigènes comme l’asclépiade, qui est essentielle au papillon Monarque, des plantes exotiques envahissantes. Ces dernières, comme l’alliaire officinale, se propagent rapidement, prennent la place d’autres plantes, modifient les habitats et fragilisent la biodiversité — un enjeu particulièrement sensible près des aires protégées.
On les repère parfois sans le savoir : une plante « décorative » qui s’échappe du jardin, une espèce vendue autrefois en horticulture, ou encore des graines transportées par la terre de remblai, les pneus, les semelles de bottes ou les animaux. Résultat : des tapis denses qui étouffent les jeunes pousses, moins de nourriture et d’abris pour la faune, et davantage de pression sur des espèces déjà vulnérables.

Se donner le temps d’agir
Bonne nouvelle : à l’échelle d’une cour, les gestes comptent! Après avoir observé puis identifié ce qui pousse dans sa cour – et tout particulièrement après avoir repéré les espèces envahissantes –, il est possible d’agir. De façon prudente et selon les particularités de chaque espèce envahissante, nous pouvons retirer les plants au bon moment, éviter de les composter si c’est déconseillé, et privilégier des espèces indigènes lors des plantations. La détection rapide, le contrôle et le suivi restent les meilleurs alliés. Une fois de plus, les organismes de conservation, les municipalités sont d’excellentes ressources pour apprendre à gérer les espèces envahissantes de nos cours et favoriser une biodiversité et le retour de plantes indigènes dans nos écosystèmes.
Se donner le temps de se rencontrer !
Dans le cadre du Jour de la Terre, la Fondation du Mont-Saint-Bruno participera aux activités organisées par la Ville de Saint-Basile-le-Grand, prévues le samedi 25 avril prochain. Venez rencontrer Karine Manoli, chargée de projet pour la Fondation ! Elle sera présente pour vous parler des activités de sensibilisation de la Fondation et de notre projet de gestion des plantes exotiques envahissantes dans le pourtour du mont Saint-Bruno. En plus de vous partager quelques résultats de notre première saison de contrôle, Karine vous proposera sous forme ludique des moyens d’identifier les plantes exotiques envahissantes les plus communes de nos cours arrière et des alternatives indigènes à intégrer à nos aménagements paysagers et floristiques.

En ce Jour de la Terre, l’invitation est simple : redécouvrir sa cour arrière comme un petit écosystème, et choisir de le protéger. En apprenant à reconnaître les plantes exotiques envahissantes et en posant des gestes concrets, on contribue, collectivement, à préserver la richesse naturelle de notre région — y compris celle du mont Saint-Bruno.
Pour en savoir plus sur le 22 avril, découvrez le site du Jour de la Terre Québec.