Les cerfs de Virginie

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Les cerfs de Virginie

Les reportages sur la pandémie COVID-19 ont pris un temps d’arrêt en novembre 2020 pour faire place au tollé des citoyens de la Montérégie, voire du Québec, à l’annonce de l’abattage prévu de 17 cerfs de Virginie.  Face à la levée de bouclier, la ville de Longueuil a laissé les cerfs dans son parc Michel-Chartrand.

Pourtant, plusieurs scientifiques prônent le rétablissement de l’équilibre des écosystèmes affectés par le broutement des cerfs.  Au parc national du Mont-Saint-Bruno, par exemple, le trille blanc, qui couvrait le sol au printemps, est aujourd’hui presque disparu.

La surpopulation expliquée

Il y a dix ans, il faillait se balader tôt le matin pour observer un ou deux cerfs au parc national du Mont-Saint-Bruno.  Aujourd’hui, il est rare de ne pas les voir à toute heure de la journée.  Ils sont même sur les propriétés privées à proximité du parc car ils y trouvent de la nourriture.

« On comptait 8 cerfs au km2 en 2015 dans l’enceinte du parc. Ils sont maintenant 14 au km2. Or, pour maintenir la diversité d’une forêt, les études ont démontré qu’il ne devrait pas avoir plus de 4 à 6 cerfs au km2. »
Tanya Handa, biologiste

 

Deux raisons sont au cœur de cette surabondance : le manque de prédateurs et la fragmentation du milieu.  Lorsque l’empreinte humaine est limitée, l’équilibre de l’écosystème est maintenu par des prédateurs naturels comme le loup, le coyote et le cougar.

Des options complexes et déchirantes

Comment protéger ces grands herbivores qui symbolisent l’innocence, tout en protégeant l’habitat qui leur donne vie ?

Les gouvernements et les organismes de conservation comme la Fondation du Mont-Saint-Bruno tentent d’augmenter la connectivité des forêts et le couvert forestier du corridor écologique de la Vallée-du-Richelieu afin de réduire la pression sur l’écosystème du mont Saint-Bruno.  Il faut cependant être honnête : Comme la surabondance des cerfs est un phénomène généralisé dans le Sud du Québec, où peuvent-ils migrer?

L’option de déplacer certains cerfs n’est pas réaliste non plus car ils pourraient faire face à un choc d’adaptation et transporter des maladies vers d’autres milieux.

Devons-nous les laisser mourir de faim à moins 20°C ?

Où iront les cerfs quand il n’y aura plus de flore pour les nourrir?  Devons-nous les laisser mourir de faim à moins 20°C l’hiver ou même à 30°C l’été lorsque le réchauffement climatique assèche le sol ?

La situation du parc Michel-Chartrand à Longueuil a obligé les décideurs de nombreuses communautés à discuter de la situation.  Malgré le fait qu’il n’y ait pas de solution idéale, la chasse contrôlée demeure l’approche à privilégier, à l’instar de la stratégie développée en Écosse et à celle qu’utilise la Nature depuis des millions d’années.