Cap sur l’environnement…archives

Élections 2026

Chers candidates et candidats,

Les élu·e·s du 5 octobre prochain auront des choix difficiles à faire car le budget combiné de la santé, de l’éducation et des infrastructures représente 75% des dépenses publiques, ne laissant que peu de marge de manœuvre pour les autres enveloppes.

Et si des économies dans le budget de la santé et des infrastructures étaient réalisées grâce à un financement accru de l’environnement?

Plusieurs projets scientifiques démontrent l’effet multiplicateur d’un investissement dans les milieux naturels.  À titre d’exemple, les arbres créent des îlots de fraîcheur, ce qui réduit le nombre d’hospitalisations, et absorbent l’eau de pluie, ce qui réduit les dommages aux routes et augmente la durée de vie des surfaces minéralisées.  De plus, selon une étude de l’Université dans la nature, l’accès aux parcs nationaux et aux espaces verts agit comme une infrastructure publique gratuite pour la santé.  Enfin, l’organisme The Nature Conservancy confirment que chaque dollar public investi dans la conservation de la nature permet d’économiser jusqu’à 7 $ en coûts de gestion des catastrophes futures (inondations, incendies, etc.).

Le gouvernement doit augmenter son enveloppe budgétaire à l’intention de l’environnement et valoriser les leviers réglementaires, législatifs et éducatifs pour protéger les milieux naturels.

En confiant des deniers publics aux organismes environnementaux de petite taille comme la Fondation du Mont-Saint-Bruno, les projets de conservation à l’échelle locale et régionale seront réalisés à moindre coûts. Mais, il faut nous aider à vous aider.

Voici donc quelques priorités auxquelles devrait souscrire votre parti, s’il est élu.  Bonne campagne !

La Fondation du Mont-Saint-Bruno

Le soutien aux organismes locaux

Le Programme de soutien à la mission des organismes environnementaux est sous-financé vu le nombre important d’organismes de conservation de petite taille au Québec et le rôle vital et irremplaçable qu’ils jouent au niveau local. Il n’y a que le gouvernement du Québec qui puisse soutenir leurs opérations car tout autre bailleur de fonds mise avant tout sur le financement de projets.  Photo : @ Michel Bérubé

Financer la conservation au même titre que les activités récréotouristiques

Il est essentiel de donner à la Sépaq le pouvoir de conserver les parcs nationaux du Québec tels le Mont-Saint-Bruno, où l’érosion de la biodiversité est à un point critique dû, entre autres :

  • au broutage excessif des cerfs de Virginie
  • à la quantité et à la diversité d’espèces exotiques envahissantes, et
  • aux loisirs non respectueux des milieux naturels.

Comme la Sépaq s’autofinance principalement par la vente de droits d’accès, de produits d’hébergement et de services de plein air, les activités récréotouristiques sont financées aux dépends de la conservation des milieux naturels.  Pourtant, un rapport de la SNAP Canada dévoile que chaque dollar investi par le gouvernement dans le but de conserver les milieux naturels génère 3,62 $ en dépenses touristiques.  Le rapport précise toutefois que cet investissement est réduit si le paysage est endommagé car la fidélisation des visiteurs dépend directement de la santé, de la beauté et de la richesse de la nature.  Photos : @ Sépaq ; @ JMcD

Les espèces exotiques envahissantes et les espèces à statut

Les espèces exotiques envahissantes représentent un enjeu important qui menace la biodiversité de la colline. Ces espèces prolifèrent rapidement et forment des colonies denses qui étouffent la flore indigène, transmettent des maladies, perturbent les écosystèmes aquatiques et terrestres, et profitent des changements climatiques pour étendre leur territoire.

Grâce à son projet de contrôle des plantes exotiques envahissantes (PEE), un des objectifs du Plan de conservation du mont Saint-Bruno, la Fondation contribue à protéger la biodiversité, particulièrement les plantes menacées ou vulnérables.

La quantité et la diversité d’espèces exotiques envahissantes sont toutefois si importantes qu’il est essentiel d’établir un programme de contrôle et de suivi permanent relevant en grande partie des municipalités.

Photos : Renouée du Japon @ Gouvernement du Québec ; rainette faux-grillon de l’Ouest @ Lyne Bouthillier

Maintenir le moratoire sur l’abattage d’arbres matures

En août 2025, la Sépaq a adopté un moratoire sur l’abattage d’arbres matures de haute valeur écologique dans le parc national du mont Saint-Bruno. Les arbres matures en périphérie des sentiers auraient été abattus dans le but d’accommoder la machinerie pour les pistes de ski de fond, au détriment de la biodiversité, qui est déjà fragiliséePhoto : JMcD

Protéger et agrandir la zone tampon

Le mont Saint-Bruno est la source principale qui donne vie à la biodiversité de la région.  Il est donc essentiel d’agrandir et protéger sa zone tampon. Cette solution se traduit par la protection et la restauration des écosystèmes du pourtour de la colline, ainsi que par l’acquisition de terrains. Les nouvelles dispositions encadrant l’expropriation déguisée ne facilitent la protection de terrains de haute valeur écologique que si un pouvoir financier est accordé aux municipalités et aux organismes de conservation afin de permettre l’acquisition. (Photos : JMcD)

Accorder plus d’importance à la trame bleue

Dans un milieu aussi perturbé et fragmenté que la grande région métropolitaine, toute action qui conduit à la perte de la trame bleue risque de mettre en échec les efforts déployés par les citoyens et citoyennes, les élu·es et le milieu associatif pour protéger et mettre en valeur notre environnement.

Le ruisseau Bernard, vu ci-joint, prend sa source dans les milieux humides du champ de tir, traverse le terrain de Northvolt et se déverse dans la rivière Richelieu. Plusieurs espèces dépendent de couloirs de connectivité écologique comme le ruisseau Bernard pour migrer hors du mont Saint-Bruno et assurer leur survie.  @ JMcD

Le programme québécois de compensation pour la destruction des milieux humides a été jugé largement inadéquat et inefficace par des audits, des experts et le gouvernement lui-même puisque plus de 175 millions de dollars ont été perçus, mais moins de 2 % de ces fonds ont été concrètement réinvestis sur le terrain pour la restauration. De plus, lorsque des sommes sont versées, elles sont insuffisantes.  Étant en milieu protégé, le projet pluriannuel de création des étangs de la rainette faux-grillon de l’Ouest sur le mont Saint-Bruno est une réussite, mais le montant accordé par le programme de compensation ne représente qu’une fraction de son coût. D’un point de vue économique et durable, il s’avère plus sage de ne pas accorder de permis pour la destruction des milieux humides.

Décontaminer le champ de tir

Le sud du Québec accuse un grand déficit de territoire protégé et sa riche biodiversité est la plus menacée. Dans le cas du mont Saint-Bruno, l’ajout du terrain du ministère de la Défense nationale au parc national réduirait considérablement les pressions qui découlent d’une demande récréotouristique.

La loi fédérale prévoit que le champ de tir soit décontaminé avant toute cession, mais la Fondation a appris que cette décontamination ne sera finalisée que dans plusieurs années, ce qui reporte l’agrandissement du territoire du parc national.  @ JMcD

Réviser la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme

Au Québec, les organismes sans but lucratif (OSBL) qui font des représentations auprès des gouvernements défendent un intérêt public ou communautaire, mais contrairement aux entreprises privées, la grande majorité des OSBL ne sont pas considérés légalement comme des lobbyistes car leurs actions relèvent de la liberté d’association et de l’expression citoyenne.  Pourtant leur rôle est essentiel au bien-être de notre société :

  • Porte-voix collectif : Transmettre les besoins des citoyens, des clientèles marginalisées ou des visions environnementales et culturelles aux élus
  • Participation démocratique : Participer à des consultations publiques, déposer des mémoires ou répondre à des invitations de l’État.
  • Absence de gain commercial : Agir sans chercher de contrats publics lucratifs, de privilèges d’affaires ou d’avantages pécuniaires pour des actionnaires.

Adopter un statut de paysage humanisé

La Fondation soutient la démarche de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) pour obtenir un statut de paysage humanisé à l’intention des collines Montérégiennes situées sur son territoire, dont le mont Saint-Bruno.

Un statut de paysage humanisé est important parce qu’il protège la biodiversité dans des milieux de vie habités et modifiés par l’humain. Il permet de garder un équilibre entre la nature et les activités durables, comme l’agriculture ou la vie urbaine, et ne rejette pas la présence humaine.  Photo : CMM

Accorder la priorité au Plan nature 2030

Lors de la COP15, le gouvernement du Québec s’est engagé à stopper et inverser la perte de la biodiversité sur son territoire en adoptant le Plan nature 2030.  Il s’est donné huit ans pour atteindre les cibles établies mais, à mi-chemin, sa feuille de route  est mal en point, particulièrement en Montérégie où se situe le mont Saint-Bruno.  On accuse un retard important quant à la protection des milieux naturels, le commissaire à l’environnement a révélé que la grande majorité des études obligatoires pour désigner les habitats essentiels des espèces en péril ont été réalisées en retard ou sont toujours incomplètes, et la réduction des émissions de GES a été repousser de cinq ans.