Cap sur l’environnement
Élections 2026
Chers candidates et candidats,
L’économie demeure de loin l’enjeu principal du débat électoral. Parlons donc d’économie.
Face aux impacts croissants de la crise climatique, l’effet multiplicateur d’un investissement dans l’environnement n’est plus à démontrer. On pense, entre autres, aux retombées économiques majeures sous forme de services écosystémiques et de coûts évités en santé mentale, en maladies cardiovasculaires ou métaboliques, en troubles du système immunitaire, et bien plus. À titre d’exemple, les arbres créent des îlots de fraîcheur, ce qui réduit le nombre d’hospitalisations. Ces mêmes arbres contrôlent les eaux de pluie, atténuent les dommages aux infrastructures et augmentent la durée de vie des surfaces minéralisées.
Saviez-vous que chaque dollar public investi dans la conservation de la nature permet d’économiser jusqu’à 7 $ en coûts de gestion des catastrophes futures telles inondations, incendies et glissements de terrain?
Pourtant, l’environnement n’est pas à la table des priorités économiques. Votre parti, s’il est élu le 5 octobre, choisira-t-il d’augmenter l’enveloppe budgétaire à l’intention de l’environnement et valoriser les leviers réglementaires, législatifs et éducatifs pour protéger les milieux naturels?
Vous trouverez ci-dessous plusieurs autres questions quant aux enjeux de conservation des milieux naturels. N’hésitez pas à partager vos réponses avec les citoyennes et citoyens de votre circonscription. Bonne campagne.
La Fondation du Mont-Saint-Bruno
La Fondation contribue depuis plus de 30 ans à la conservation du mont Saint-Bruno et des corridors écologiques qui en découlent par la sensibilisation, la mobilisation, l’action sur le terrain et la veille du milieu.
Ses partenariats avec les diverses parties prenantes et sa collaboration avec le milieu scientifique lui permettent d’obtenir d’excellents résultats grâce la gestion intégrée de ses projets.
Photo : Robert Saint-Jean

En créant la Sépaq, le gouvernement du Québec s’est donné comme mission « Conserver, mettre en valeur et gérer de façon durable les territoires québécois exceptionnels, pour les générations actuelles et futures. »
Il est essentiel de donner à la Sépaq le pouvoir de conserver de façon durable les territoires exceptionnels du Québec, particulièrement celui du parc national du Mont-Saint-Bruno, où l’érosion de la biodiversité est à un point critique dû, entre autres :
- au broutage excessif des cerfs de Virginie
- à la quantité et à la diversité d’espèces exotiques envahissantes, et
- aux loisirs non respectueux des milieux naturels.
Comme la Sépaq s’autofinance principalement par la vente de droits d’accès, de produits d’hébergement et de services de plein air, les activités récréotouristiques sont financées aux dépends de la conservation des milieux naturels. Pourtant, un rapport de la SNAP Canada dévoile que chaque dollar investi par le gouvernement dans le but de conserver les milieux naturels génère 3,62 $ en dépenses touristiques. Le rapport précise toutefois que cet investissement est réduit si le paysage est endommagé car la fidélisation des visiteurs dépend directement de la santé, de la beauté et de la richesse de la nature.
S’il est élu, votre parti compte t’il s’assurer que la Sépaq remplisse sa mission en lui octroyant un financement à la hauteur des besoins de conservation des parcs nationaux du Québec?
Photos : @ JMcD ; @ Sépaq

De Laval à Sherbrooke, en passant par le mont Saint-Bruno, le broutage excessif des cerfs de Virginie fait des ravages dans les milieux naturels.
La régénération des forêts, la protection des plantes rares, la survie des oiseaux forestiers, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes et les autres efforts de conservation sont voués à l’échec si le broutage excessif n’est pas contrôlé. Il résulte en une perte de biodiversité importante et mène à l’érosion des sols.
La réalisation d’un plan de contrôle inter-régional des cerfs de Virginie est essentiel, particulièrement en Montérégie. Seul le gouvernement du Québec, à l’aide des organismes de conservation, a la capacité d’intervenir et de faciliter la création de corridors écologiques pour atténuer la situation.
S’il est élu, que compte faire votre parti pour assurer un plan de contrôle des cerfs de Virginie et la création de corridors écologiques en Montérégie?
Photos : @ JMcD

Les espèces exotiques envahissantes représentent un enjeu important qui menace la biodiversité de la colline. Ces espèces prolifèrent rapidement et forment des colonies denses qui étouffent la flore indigène, transmettent des maladies, perturbent les écosystèmes aquatiques et terrestres, et profitent des changements climatiques pour étendre leur territoire.
Grâce à son projet de contrôle des plantes exotiques envahissantes (PEE), un des objectifs du Plan de conservation du mont Saint-Bruno, la Fondation contribue à protéger la biodiversité, particulièrement les plantes menacées ou vulnérables. La quantité et la diversité d’espèces exotiques envahissantes sont toutefois si importantes qu’il est essentiel d’établir un programme de contrôle et de suivi permanent relevant en grande partie des municipalités.
S’il est élu, votre parti compte t’il financer les municipalités afin qu’elles puissent contrôler les espèces exotiques envahissantes sur leur territoire de façon durable?
Photos : Rainette faux-grillon de l’Ouest @ Lyne Bouthillier ; alliaire officinale (PEE) @ Karine Manoli
Dans un milieu aussi perturbé et fragmenté que la grande région métropolitaine, toute action qui conduit à la perte de la trame bleue risque de mettre en échec les efforts déployés par les citoyens et citoyennes, les élu·es et le milieu associatif pour protéger et mettre en valeur notre environnement.
Le ruisseau Bernard, vu ci-haut à droite, prend sa source dans les milieux humides du champ de tir, traverse le terrain de Northvolt et se déverse dans la rivière Richelieu. Plusieurs espèces dépendent de couloirs de connectivité écologique comme le ruisseau Bernard pour migrer hors du mont Saint-Bruno et assurer leur survie.
Le programme québécois de compensation pour la destruction des milieux humides a été jugé largement inadéquat et inefficace par des audits, des experts et le gouvernement lui-même puisque plus de 175 millions de dollars ont été perçus, mais moins de 2 % de ces fonds ont été concrètement réinvestis sur le terrain pour la restauration. De plus, lorsque des sommes sont versées, elles sont insuffisantes. Étant en milieu protégé, le projet pluriannuel de création des étangs de la rainette faux-grillon de l’Ouest sur le mont Saint-Bruno est une réussite, mais le montant accordé par le programme de compensation ne représente qu’une fraction de son coût. D’un point de vue économique et durable, il s’avère plus sage de ne pas accorder de permis pour la destruction des milieux humides.
S’il est élu, que compte faire votre parti pour mieux protéger nos milieux humides et hydriques?
Photos : JMcD

Le mont Saint-Bruno est la source principale qui donne vie à la biodiversité de la région. Il est donc essentiel d’agrandir et protéger sa zone tampon. Cette solution se traduit par la protection et la restauration des écosystèmes du pourtour de la colline.
La législation actuelle donne le droit aux propriétaires privés d’user et d’exploiter un milieu naturel acquis sans tenir compte du bien public et de son impact sur la santé environnementale de la région. Dans un contexte où le marché est déconnecté de la réalité et des impératifs environnementaux, l’acquisition de terrains n’est pas la solution. Des révisions à la loi doivent être adoptées pour donner les outils de gestion collective nécessaires et réduire les coûts de protection de l’environnement.
S’il est élu, votre parti changera t’il la loi pour offrir des outils de gestion collective des milieux naturels et réduire les coûts de protection de l’environnement?
Photos : JMcD

En août 2025, la Sépaq a adopté un moratoire sur l’abattage d’arbres matures de haute valeur écologique dans le parc national du mont Saint-Bruno. Les arbres matures en périphérie des sentiers auraient été abattus dans le but d’accommoder la machinerie pour les pistes de ski de fond, au détriment de la biodiversité, qui est déjà fragilisée.
S’il est élu, votre parti compte t’il s’assurer que le moratoire sur l’abattage d’arbres de haute valeur écologique du mont Saint-Bruno soit maintenu? Quel est son plan de remplacement des arbres qui ont été abattus en milieux naturels?
Photos : @ JMcD

Le sud du Québec accuse un grand déficit de territoire protégé et sa riche biodiversité est la plus menacée. Dans le cas du mont Saint-Bruno, l’ajout du terrain du ministère de la Défense nationale au parc national réduirait considérablement les pressions qui découlent d’une demande récréotouristique.
La loi fédérale prévoit que le champ de tir soit décontaminé avant toute cession, mais la Fondation a appris que cette décontamination ne sera finalisée que dans plusieurs années, ce qui reporte l’agrandissement du territoire du parc national.
S’il est élu, que compte faire votre parti pour accélérer le processus de décontamination afin d’accepter plus rapidement l’offre de cession du terrain du ministère de la Défense nationale?
Photos : @ La Relève ; @ JMcD

Le Programme de soutien à la mission des organismes environnementaux est sous-financé vu le nombre important d’organismes de conservation de petite taille au Québec et le rôle vital et irremplaçable qu’ils jouent au niveau local. Il n’y a que le gouvernement du Québec qui puisse soutenir leurs opérations car tout autre bailleur de fonds mise avant tout sur le financement de projets.
S’il est élu, que compte faire votre parti pour contribuer à la pérennité des organismes locaux de conservation?
Photos : Visite de la tourbière Mont-Bruno @ Michel Bérubé ; rencontre ACDSQ COP15 @ Coalition des Montérégiennes